samedi, octobre 16, 2021

RDC – Jeux de la Francophonie : surfacturation des contrats de 41 à 113 millions de dollars, Didier Tshiyoyo au cœur de la mafia

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L’Organisation internationale de la francophonie s’alarme du retard pris par Kinshasa dans les préparatifs des jeux, qui doivent avoir lieu en août 2022. Le rapport évoque notamment des dépenses « non justifiées » ainsi « qu’un manque de transparence » dans la gestion des fonds.

Un rapport interne daté du 15 juin de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), recense de nombreuses irrégularités et des dysfonctionnements dans le dispositif mis en place par le Président congolais, Félix Tshisekedi, pour superviser l’organisation de la 9e édition des Jeux de la francophonie.

Autre point mis en exergue par l’OIF : le contrat portant sur la construction du village des jeux. Initialement budgétisé à 41 millions de dollars, son coût a littéralement explosé pour s’envoler à 113 millions de dollars. En avril, plusieurs mouvements financiers avaient déjà alerté l’OIF.

Didier Tshiyoyo avait ainsi retiré en son nom propre d’importantes sommes en espèces de comptes ouverts au nom du CNJF. « Il pourrait être utile de préciser et de communiquer le numéro du compte bancaire dédié aux IXe Jeux de la francophonie », note ainsi l’expert financier de l’OIF.

Des dépenses non justifiées

Le même rapport financier de 2020 fait également état de 961.000 dollars de dépenses, un montant qui « n’est pas justifié au vu des activités très réduites menées par le CNJF », cette année-là. Si la partie dédiée au fonctionnement reste stable à 12,1 millions d’euros, le budget alloué aux investissements est passé de 36 à 93 millions d’euros. Le CIJF se dit très préoccupé par la gestion et l’organisation du CNJF qui « reste fragile et manque de maîtrise ». Les retards importants déjà enregistrés « risquent d’entamer désormais la qualité du dispositif organisationnel », note le rapport.

D’après les auditeurs, la plupart des documents ne sont pas paraphés et incomplets. Aucun des contrats signés par Didier Tshiyoyo ne comporte la mention « approuvé par la direction générale des marchés publics ». La réhabilitation du Stade Tata-Raphaël, pour un montant de plus de 11 millions de dollars, confiée au consortium de l’Alliance des bâtisseurs congolais (ABC), n’échappe pas à la règle. Les délais d’exécution ne sont le plus souvent pas précisés, laissant craindre des retards importants. Le CIJF ne dispose pas de termes de référence ou cahier des charges permettant de procéder aux appels d’offres ou à la contractualisation de gré à gré le plus souvent privilégiée par la direction du CNJF.
Le rapport signé par la directrice du CIJF, l’ancienne athlète olympique libanaise Zeina Mina, souligne également que les conditions d’octroi des contrats de construction et de réhabilitation des infrastructures « ne respectent pas l’exigence de transparence inhérente aux grands événements internationaux ».

A l’issue de la 19e réunion du Conseil d’orientation du CIJF, tenue le 28 avril sous la présidence du Maroc, le CNJF congolais s’était vu demander de fournir des preuves de la conformité avec les réglementations financières, notamment en matière de gestion des fonds et d’attribution des contrats. Près de 90 % des pièces demandées ont été transmises et examinées par les experts du CIJF, qui relèvent des « incohérences », des « manquements » et « des fragilités juridiques ».

Rédaction

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